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| Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 06-07-2006 à 00:04:04
| Cette histoire raconte la vie de Faerie sur son ancien monde, avant son arrivée sur le Luastria, et son interaction avec Alia. Prologue d’Alia : Le Commencement d'un Règne Eternel Kandra petite planète, loin de notre système solaire, ravagée par des créatures vivant dans les forêts qui occupent les neufs dixièmes de la planète, ces créatures appelés communément créatures de l'ombre. En effet ces créatures ne supportent pas la lumière d'où leur contraire les fées de la lumière, ces êtres qui tentèrent en vain de sauver Kandra... Leur guerre durait depuis des siècles, mais les fées de lumières avaient toujours l'avantage. Elles étaient belles a proprement dit. Elle avait de longs cheveux tels des fins fils d'or, des yeux de la couleur des mers azures et elle avaient dans leur dos une longue paire d'ailes de papillon. Autour de l'être, on pouvait voir une aura lumineuse qui les avantageait dans leur combat. Mais la guerre faisait rage et la descendance des fées ne vivait plus aussi longtemps. Leur seul espoir : trouver des êtres vivants capables de les repousser... Les Hommes. La souveraine des fées en avait entendu parler. Ces êtres vivant, vivant sur la plupart des autres mondes. Elle connaissait l'existence des autres planètes dans le Prismandalé plus connu sous le nom d'Univers. A l'aide de ses connaissances, de son pouvoir et de celui de ses congénères, elles recréèrent les hommes à leur image. Il savait utiliser la magie des fées, celle qu'elles tiraient au plus profond de leur être. Grâce aux hommes les créatures de l'ombre furent repoussées hors de ceux petit bout de terre que les fées avaient pu sauver. Elle était isolée des forêts mortes, le lieu de vie des créatures de l'ombre avec les montagnes de Berkana qui l'entourait telles des remparts. Cette terre avait le nom de Schiwer en la mémoire de la souveraine des fées qui avait offert sa vie pour récréer les hommes et sauver Kandra. Shiwer était divisée en six terres, toutes les unes plus riches que les autres. Elles avaient pour nom Raidhaz, Naudhaz, Eiwhaz, Elwaz, Ingwhaz et Teiwhaz. La capitale Merendio se trouvait sur la terre de Teiwhaz, celle qui était la plus près de la forêt d'argent, là où les fées étaient parties s'installer à la fin de la guerre. Malgré tous leurs efforts, une ombre persistait au tableau. Après s'être unis contre les créatures de l'ombre, les hommes se battaient à présent entre eux, hommes, femmes et enfant, aucun n'échappait à cette soif de sang et de batailles. Dans un dernier recours les fées sacrifièrent leur vie pour créer un être unique qui pourrait régner sur eux, lui et sa descendance, qui saurait les émouvoir avec sa fragilité, sa tendresse et surtout avec son amour. Elles créèrent la première reine de la longue lignée des Escanor. Elles l'avaient crée un peu comme leur enfant. En elle coulait la magie de la terre de Kandra. Ainsi le temps dépendrait de son humeur et son état. L'enfant crée avait l'apparence d'une enfant âgée de huit ans. Elle était belle. Elle ressemblait aux fées de la lumière mais elle avait des différences qui la rendaient humaine. Ses cheveux étaient longs et de couleur argentée tout comme ses yeux d'un gris acier, dans lesquels se reflétait toute la douceur du monde. Contrairement aux fées elle n'avait pas d'ailes. La paix fut vite rétablit et la petite fille régna alors d'une main de maître sur Schiwer. Les humains s'étaient tous inclinés devant elle. Une nouvelle page venait d'être tournée sur Kandra et la famille Escanor commençait son règne avec la petit Alia... Extention du prologue Dans les ombres, certains oeuvraient déjà pour la destruction même du monde. Une secte fut créée, La Main, son fondateur appelé Le Premier, endoctrina tous les désespérés qui avaient payé le prix fort de la guerre, ses initiés. Il leur révéla qu’il avait vu en vision une force destructive qui mettrait fin à toutes les souffrances du monde. Le cycle infernal de la vie serait enfin interrompu si La Main oeuvrait dans ce sens. Et pendant des siècles, elle oeuvra … Chapitre I : une scène presque ordinaire C’était toujours le même cauchemar, toujours. Le corps de sa mère transpercé par les hallebardes, et leur regard faussement désolé … et son cri qui n’en finissait pas … La seule différence, c’est qu’elle ouvrit les yeux sans crier, sans même remuer. Elle était toujours dans le lit d’un maître, dans la chaleur. Elle ne l’avait donc pas réveillé, sinon il l’aurait battue et envoyer sur sa paillasse, dans sa cellule glacée. Les coups n’étaient rien, Faerie commençant non seulement à supporter la douleur, mais à l’apprécier, comme l’enseignaient ses maîtres. Par contre, le froid, c’était autre chose. Elle n’aimait pas le souffle glacé de la nuit s’insinuer dans chaque partie de son corps, jusqu’à son âme même. Heureusement, elle était déjà assez plaisante pour être la compagne d’une nuit d’un des maîtres et partager leur chaleur. Tout le monde n’avait pas le chance de passer la nuit avec un maître … Malgré tout, elle devait veiller à être debout avant eux, parce qu’ils n’étaient pas contents de la voir auprès d’eux à leur réveil, aussi quelque part, les cauchemars avaient du bon … elle le regarda un instant, parce que la plupart du temps ils étaient encagoulés. Celui-ci avait une visage rond et de gros muscles las. C’était une erreur de penser que les adeptes de la destruction avaient tous un visage torturé. Pour manipuler le tissu social il fallait toujours préserver les apparences. Elle ne connaissait pas leur nom, nul ne nommait les maîtres. Faerie devait partir, aussi elle leva lentement le bras qui la serrait à lui, elle se leva donc sur la pointe des pieds, s’habillant dans la pénombre. Comme le temple était en sous-sol, seules des torches perpétuelles éclairaient les lieux, les plongeant dans une pénombre diffuse. Faerie quitta la chambre du maître toujours endormi. Dans le temple, les esclaves étaient déjà au travail, nettoyant les traces de sang, frottant, frottant … dans la semi obscurité de certaines zones, c’était ardu. Faerie avait accompli cette tâche au départ, mais elle n’excellait pas dans les taches ménagères. Tout ce qu’elle touchait était brisé, et elle avait même mis le feu à une partie du temple en le nettoyant avec du pétrole … elle avait été en fait récompensée pour ça, recevant de la douleur, beaucoup de douleur. Faerie ne parlait pas aux esclaves, elle n’en avait pas le droit. Les maîtres disaient qu’elle était une Potentielle, pas une esclave. Ces derniers subissaient le courroux des maîtres, alors qu’elle et les autres Potentiels étaient formés. L’air était toujours aussi froid le matin, elle détestait le froid. Elle arriva aux cuisines, ou d’autres esclaves préparaient le repas du matin les yeux exorbités. Eux n’avaient pas le droit de manger le jour ou ils devaient effectuer cette tache, c’était une sorte de jeun vital, mais eux seuls la subissaient, et gare à ceux qui crachaient dans la soupe, les maîtres voyaient tout et des exemples avaient été faits. Faerie prit place en silence à une table et on lui apporta de quoi manger. Les Potentiels mangeaient à leur faim, leur formation étant suffisamment pénible comme ça. Ils n’avaient pas droit au mets raffinés des maîtres mais ces derniers avaient fait depuis longtemps ce sacrifice pour sauver les apparences en société. Elle plongea le pain dans la soupe épaisse et le mangea lentement. Un Potentiel était mort étouffé en engloutissant son plat trop vite. Ce qui était dommage, ce n’était pas de mourir, c’était de mourir sans avoir pu être utile aux maîtres. Elle mangeait lentement dans la pénombre, elle se souvenait du temps ou elle était affectée à la cuisine. Elle avait brûlé les plats, sucré les soupes et salé et pimenté les desserts des maîtres. Et puis elle cassait la vaisselle, tout lui échappait des mains … curieusement, la récompense n’avait pas été plus rude que pour l’incendie, il y avait des Potentiels qui avaient fini en petits morceaux pour moins que ça. Faerie, elle, avait été affectée à ce qu’elle savait faire le mieux … *** La douleur atteignait des sommets insoupçonnés. Les barbelés qui la maintenaient à la table de travail, un nom ironique, trois planches en formes d’étoile sur un pivot mobile, entraient dans sa chair comme jamais. Des pointes d’acier émergeaient peu à peu de la table de travail et s’enfonçaient dans son dos, ses cuisses. Le sang coulait peu à peu sur le sol dallé, si on retirait brusquement Faerie de cet appareil traditionnel, elle se viderait de son sang en un rien de temps. D’habitude, un seul maître procédait à cette élévation, mais aujourd’hui ils étaient trois, le visage caché par la capuche traditionnelle, et particulièrement généreux en souffrances infligées. Le dernier garçon était à l’agonie dans un coin de la salle. C’était le dernier male Potentiel, ils avaient une résistance moins importante. Il ne restait donc que des maîtres et des Potentielles. Et les précédentes à cette épreuve étaient toutes brisées. La douleur augmentait, mais Faerie ne disait pas un mot, ne gémissait pas, son souffle était régulier, et les maîtres avaient l’air content. Certains lui disaient dans l’intimité que le moment de la destruction finale approchait à grands pas, elle opinait du chef, mais en elle-même elle savait que ça ne surviendrait pas avant des millénaires. Cela faisait déjà deux mille ans, pourquoi cela surviendrait-il de son vivant ? Faerie ne verrait pas la fin du monde de son vivant et elle n’en avait cure. Tout ce qui comptait à ses yeux, c’est que ce soir, elle allait faire ce qu’elle savait faire le mieux … et celle qu’elle haïssait commencerait à entrer dans son monde. Le monde de Faerie. Le monde réel … La douleur atteignit son paroxysme, et Faerie se mit alors à exprimer un immense plaisir. Etait-ce le fait d’avoir pensé à elle ? Son corps se cambra et poussa un cri de pur plaisir qui résonna dans tout le temple. L’impulsion de son geste fut tellement forte qu’elle la libéra de la table de travail qui se brisa, les liens se brisèrent en sifflant, et Faerie se retrouva debout, son corps nu ruisselant de sang. Il lui restait peut-être cinq minutes à vivre avant de se vider totalement de son sang, mais elle savait qu’elle vivrait. Elle resta donc silencieuse alors qu’un des maîtres se tenait la gorge largement ouverte par l’un des liens barbelés quand Faerie s’était libérée. Sa capuche sa rabattit, dévoilant un visage maigre, des yeux profondément cernés, un homme chauve avec un bouc. Il fit un pas en avant et tomba à genoux, il se tenait la gorge pour empêcher vainement le sang de gicler, mais pas pour sauver sa vie. Tout le monde le regardait mourir avec indifférence, Faerie aussi, et lui aussi était indifférent à son propre sort. Les stigmates … L’un des deux maîtres restants s’avança alors vers Faerie et lui tendit un anneau de magie. - ceci est le Pouvoir, tu n’as pas la magie. Sans souffrance, ton corps ne résisterait pas à la puissance de cet anneau. Nous te formons pour que tu utilises l’anneau, nous sommes les maîtres et tu es peut-être une Elue. C’était la tradition de rappeler les faits, mais là, les secondes devenaient précieuses, et à chaque goutte de sang perdue, Faerie faiblissait de plus en plus. Elle attendit néanmoins que le maître finisse pour saisir l’anneau, et se permit même de l’observer un moment, le faisant tourner entre son index et son pouce. L’anneau brillait de mille feux dans la salle pus éclairée que la moyenne. L’anneau … elle n’était rien, mais l’anneau forgé par les maîtres était tout. A condition qu’elle y survive, d’où l’importance de l’épreuve de ce jour probablement. Serait-elle la seule à recevoir un anneau cette fois ? Elle passa l’anneau à son doigt et il ne se passa rien. Il ne se passa rien durant les premières secondes, puis Faerie sentit une faim spéciale l’envahir et ses crocs s’allonger. Elle avait soif de sang, comme si l’ pouvoir de l’anneau avait senti que c’était vital pour elle. Elle regarda les deux maîtres encore lucides qui restaient impassibles, puis l’ex Potentiel agonisant, mais il était mort. Sang coagulé … elle se dirigea donc sur le maître grièvement blessé et planta ses crocs dans sa gorge, et personne ne l’empêcha. C’était une sensation étrange de pénétrer la chair d’un maître ... elle le vida de son sang et ses propres blessures se refermèrent. Elle n’avait jamais vu ce maître, mais une main comptait cinq doigts, c’était de la gageure de penser qu’un seul temple secret existait. Elle se retira du cadavre qui s’écroula. - tu es presque une Elue. Lui dit l’un des deux autres maîtres, dont la voix lui était tout autant inconnue. Elle contempla le corps inerte à ses pieds. - tu peux parler. Il valait mieux ne jamais parler sans permission, ça pouvait coûter cher. Elle répondit donc en continuant à dévisager le cadavre : - il est mort. - un maître aussi peut mourir, nous avons la nécromancie … mais lui ne sera pas ranimé, il était remplaçable, et nous aussi. Elle comprit, et nul besoin de voir le visage des deux autres maîtres pour comprendre qu’il étaient touchés eux aussi par les stigmates. Les maîtres pouvaient bien souvent occuper des postes clef dans la société, briller en apparence, et avoir tous les droits sur leurs subordonnés, il n’en restait pas moins que la création des anneaux pouvait provoquer des lésions visibles sur leur corps, avec les conséquences que l’on savait, hors du temple. La partie n’était pas gagnée pour Faerie, elle devait encore dompter l’anneau, méditer, le contrôler, souffrir encore même si ça n’atteindrait pas cette intensité en principe, mais elle ne pensait qu’à une chose … ce soir, elle exercerait sa vengeance … et ce ne serait qu’un début … |
| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 07-07-2006 à 13:53:18
| Suite et fin du chapitre 1.^^ *** Une fois un anneau de magie en main, si l’on puit dire, il fallait ensuite adapter son pouvoir à sa psyché, c’est ce que ce disait Faerie alors qu’elle était assise sur les genoux du futur chevalier, dans un coin désert du château, et qu’elle utilisait contre lui le charme hypnotisant du vampire. Il y avait des moments ou « avoir les crocs » ne servait à rien. - je te veux … Elle sourit : - mais tu m’as déjà eue, et plusieurs fois … Elle se souvenait encore de leurs étreintes, de sa brutalité croissante qui ne la changeait pas de ses maîtres. Et puis cette violence grandissante chez le chevalier en devenir, elle en était responsable. Il haletait, il aurait bien voulu la posséder mais elle l’en empêchait d’un « simple regard ». Elle le dominait totalement. Elle continua : - … alors qu’elle, tu ne l’as pas eue … elle doit être tellement tendre … - je ne sais pas … et puis, toi aussi tu es tendre … Malgré son pouvoir, il redoutait les conséquences de l’acte qu’elle était en train de l’amener à commettre. - oui … mais elle est vierge … pense à ton plaisir, et elle en aura aussi. Après tout, tu es le plus bel étalon du château … - oui … oui ! Je vais lui montrer la vie ! La flamme dans ses yeux. Il était sur de lui à présent, et il était vaincu. - ho oui, tu vas lui donner une leçon de vie … Elle se leva, il fit de même, visiblement pressé de partir. - et après elle, je garderai de la vigueur pour toi, parce qu’à mon avis, tu es tout de même plus désirable qu’elle, une fois sa virginité conquise. Conquise, quel poète … elle caressa la chevelure blonde du jeune homme. - c’est trop d’honneur. Va donc, tes écuyers doivent te chercher. - tu seras cachée dans la salle, je te veux à portée de … mains. - à tes ordres … C’était un spectacle qu’elle ne manquerait pas, même si c’était elle qui lui avait implanté cette idée dans la tête, même s’il était amusant qu’il ne se demande pas comment elle pourrait bien se cacher … elle conclue en ouvrant sa chemise sur son torse musclé. - voila, c’est mieux comme ça, tu es parfait … Il la serra contre lui et l’embrassa avec fougue, elle lui répondit avec la même intensité. - à tout à l’heure, ma belle. Et il partit, elle le regarda s’éloigner. - à tout à l’heure, Geoffroy … *** Et la princesse Alia entra de son propre gré dans la salle d’armes, dans le piège. Tapie dans l’ombre d’un bouclier de géant, purement décoratif, et surtout derrière sa dissimulation vampirique, Faerie assista donc à son entrée incisive, comme si le monde était à elle. Elle avait toujours ce port de tête droit, royal, arrogant, le même que ce jour de pluie … la haine submergea Faerie, ce qui décupla par anticipation le plaisir qu’elle allait ressentir à voire son ennemie jurée souffrir … Quelques instants après l’irruption d’Alia, Faerie assista aussi à l’arrivée de Geoffroy et de ses sbires. Le futur chevalier avait l’air chauffé à blanc, elle l’avait bien allumé … Alia fut aussitôt sur ses gardes, on l’aurait été à moins. Un sourire ironique aux lèvres, Geoffroy la défia du regard. - majesté, tu vas nous prouver ce que vaut le sang royal … hein douce Alia ! Puis il se retourna vers les quatre autres qui ricanèrent. Ils se tenaient les bras croisés, près de la porte, comme des spectateurs. Il reprit sa voix mielleuse qui semblait irriter la princesse. - Allons princesse viens, je vais te faire découvrir ce que peut être le plaisir… Il restait à ce stade là une possibilité d’échec, c’est qu’Alia réagisse avec sang-froid et rappelle à ces hommes qui elle était, une princesse, et qu’elle serait un jour leur reine. Et dans ce cas Geoffroy retrouverait sa lucidité … mais Alia laissa éclater sa colère. - Enfoiré… Comme la colère est mauvaise conseillère. - Qu'est ce que tu as dit ? Avec ta voix enfantine je n'entends pas. Les autres ricanèrent encore une fois à ces paroles. - Enfoiré !! - Pardon ?! Les garçons cessèrent alors de rire. - T'as pas compris abruti ? Alors lis sur mes lèvres E-N-F-O-I-R-E. A moins que tu ne comprenne pas ce que tu es vraiment ? Ca t'a pas suffit d'avoir toutes ces servantes dans ton lit ? Il te faut une nouvelle victime, c'est ça ? Eh bien rêve, je suis pas ta putain ! Alors maintenant tu prend la porte et tu dégages. Tu rentres chez ta mère, tu deviens un bon p'tit fermier et t'apprends les bonnes manières, ça te changera un peu. Geoffroy était devenu rouge de colère. Déjà, l’insulter ce n’était pas fin, mais en plus lui parler de sa mère en ces termes, elle accumulait les maladresses, et elle allait sentir le poids de cet homme sur son corps, et peut-être même les autres hommes, hihi. Le garçon eut un sourire sadique et prit deux bâtons qui étaient accrochés au mur. Il la toisa avec un sourire méchant encore une fois avant de lui lancer l'un des bâtons. Un défi, c’était amusant, surtout qu’Alia l’accepta en attrapant l'arme au vol et en adoptant comme son adversaire une posture de combat. Elle n’avait aucune chance … Les duellistes commencèrent par s'observer en se tournant autour puis Geoffroy attaqua le premier. La jeune fille para le coup et riposta. Son adversaire fit de même. Alia recula. De la sueur se mit à perler son front. Elle n’irait pas bien loin, elle n’avait pas l’endurance de Geoffroy, pas même celle de Faerie. Les quatre autres ricanèrent une dernière fois avant de sortir de la salle pour monter la garde dehors, près de la porte. Ils avaient dû comprendre les intentions de Geoffroy, tout comme Faerie. Le combat ne devait être qu'un prétexte pour affaiblir la princesse et pour l'avoir plus facilement. A l'intérieur les deux combattants étaient à égalité quand soudain Geoffroy feinta et frappa Alia au ventre. Le souffle coupé, pliée en deux, celle-ci recula de quelques pas. Son adversaire sûr de lui s'avança tranquillement son bâton à la main, prêt à l'achever. C'est alors qu'Alia plutôt que de se redresser, faucha Geoffroy d'un coup de pied et s'écarta de lui courant vers la porte. Quel idiot ! Mais lorsqu'elle ouvrit la porte, elle se retrouva face aux quatre écuyers et elle la referma vivement. Elle était prise au piège. Faerie sentait la panique chez la proie et s’en réjouit, d’autant que Geoffroy s’était relevé et qu’il emprisonna les poignets fragiles de la princesse d’une main ferme. Alia se mit alors à crier de peur et la brute la fit taire en l'embrassant fougueusement. Geoffroy força ensuite la jeune fille à s'allonger sur le sol. Elle tremblait, Faerie sentait sa peur. Elle avait tellement attendu cet instant. Elle se demanda ce qu’elle devait ressentir lorsqu'il se coucha contre elle, du dégoût, de la répulsion, et une incompréhension totale. Comment osait-il ? On ne pouvait pas avilir ainsi une princesse, une future reine. Si, on pouvait. Et « on » prenait un plaisir évident à embrasser violemment Alia, qui se débattit et se mit à crier mais Geoffroy la rattrapa sans problème. Elle n'était pas assez forte pour lui échapper. Le meilleur arriva enfin, à priori la brute avait décidé de passer aux choses sérieuses car il arracha la tunique avec une avidité exceptionnelle, et une fois qu’elle fut dénudée, il embrassa le corps de la jeune femme, tout en lui bloquant la bouche d’une main. Il pourrait entrer dans le vif du sujet plus vite quand même … d’autant que Faerie perçut de l’agitation au dehors … Geoffroy cessa enfin ces préliminaires, il se déshabilla partiellement et se coucha sur la jeune femme quand la porte s’ouvrit sur Romaric …le voir ici ennuya Faerie, sauf quand elle vit le choc sur son visage. Ce n’était pas une réaction de frère … Geoffroy n’avait pas vu Romaric mais il n’eut pas le temps de prendre Alia, il faut assommé proprement juste avant, et s’effondra à coté d’elle, inconscient. Dépitée, Faerie vit Romaric s'approcher d’Alia et l'envelopper dans sa cape. Il la prit doucement dans ses bras et ils sortirent, sans nul doute à destination de la chambre de la princesse. Dépitée, déçue, Faerie se dit tout de même que les convictions d’Alia avaient été bouleversées ce soir, et ce n’était qu’un début. Elle ne pouvait même pas compter sur la protection de sa prison dorée … Faerie resta encore un instant, le temps que des gardes viennent procéder à l’arrestation des écuyers et de Geoffroy qui de toute façon ne se souviendrait de rien. Puis elle se rendit discrètement sur la terrasse de la chambre personnelle de Romaric et elle attendit. *** Quand il arriva, plus tard, elle sortit de l’ombre et se présenta à lui, même s’il était fou de rage. De façon prévisible, il la saisit par les bras et la plaqua violemment contre l’une des colonnes décoratives. Elle eut mal mais aucun son ne franchit ses lèvres. - tu étais censée empêcher ça ! Elle soupira : tu devrais crier plus fort … Il la regarda l’air ahuri avant de comprendre ce qu’il faisait, et lui lâcha, avant de la serrer tendrement dans ses bras … - je suis désolé, je rate tout aujourd’hui. Ce contact là dégoûta profondément Faerie qui considérait la tendresse et l’amour comme des illusions, des illusions dangereuses, ce que ses maître lui avaient appris. Elle se crispa juste un peu, puis reprit son sang-froid. - je n’ai pas prévu ce qui s’est passé, Romaric … tu me crois ? Et en plus elle disait la vérité, elle n’avais pas prévu que Romaric sauve la vertu d’Alia. Le jeune homme la regarda, il faillit l’embrasser mais se retint de justesse. - oui … Il fit quelque pas sur la terrasse. Faerie n’aurait pas cru qu’il serait perturbé à ce point. Finalement, son échec prenait une meilleure tournure. - je ne sais pas ce qui m’arrive … Il s’appuya au parapet, elle fit de même à coté de lui. - moi je sais, tu as failli la perdre, et en même temps tu ne l’auras jamais, et pourtant tu l’aimes à la folie. Il grimaça à ses mots. - oui, pardonne moi. Je te respecte, mais je ne t’aime pas. C’est elle que j’aime. Elle soupira : je me ferai une raison. Elle était ravie. Elle continua : - comment feras-tu pour la protéger des autres, comment feras-tu pour la protéger d’elle-même ? Il se prit la tête à deux mains, la douleur et le doute le rongeaient, il devenait leur marionnette et il ne le saurait jamais. - je ne sais pas. - elle deviendra reine, comme elle détestera régner on lui trouvera un ami bon gestionnaire, pas un bon mari. Supporteras-tu de la voir se donner sans amour alors qu’elle t’idolâtre, alors qu’elle pourrait t’aimer ? Il tomba à genoux. Alors qu’il était le sang froid personnifié en public, la bravoure, il craquait nerveusement devant elle. Comment avait-il pu oublier que la douleur morale conduisait à la folie, et que la folie conduisait aux ténèbres … - je ne sais pas, je trouverai quelque chose, une solution … C’en était assez pour ce soir. Elle s’approcha de lui, lui caressa doucement le visage puis l’amena à le regarder. - non, NOUS trouverons une solution, je te le jure. Il se releva doucement, approcha son visage de celui de Faerie. - tu le jures … - oui … Elle répondit dans un souffle, la proximité et la douceur de Romaric lui faisant plus mal que des coups de poignards dans son ventre … - que ferais-je sans toi … - ne dis pas ça … Si si, dis le, pense le ! Il la regarda un moment sous le clair de lune, elle détestait la façon dont il la regardait. Il caressa doucement ses lèvres pulpeuses pour son jeune âge. Après tout, elle n’avait elle-même que treize ans, même si elle était l’aînée par rapport à Alia … - si ce n’est pas de l’amour, ça y ressemble. La joue de Faerie eut alors un spasme. - je t’en supplie, ne dis pas ça … Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas supplié … puis elle se calma. - je suis désolé … - ce n’est rien, Romaric. Je devrais y aller … - non, je t’en prie, reste ... Et il posa les lèvres sur celles de la jeune femme, et l’embrassa avec une tendresse infinie, et elle dût y répondre. Ironiquement, elle était en train de ressentir le même dégoût qu’Alia tout à l’heure, mais pour une raison totalement opposée. - reste … - d’accord, mais ce sera la dernière fois … on se fait du mal … Et c’était vrai. Il lui sourit, la prit dans ses bras et la porta vers son lit … *** Au petit matin, elle descendit lentement le long d’un chemin secret qui quittait le château. Une partie d’elle-même se sentait souillée par la douceur avec laquelle Romaric lui avait fait l’amour. Une autre partie était ravie parce qu’alors même qu’il s’oubliait entre ses bras, il gardait sur le visage la pensée d’Alia, son amour pour elle qui le consumait inexorablement. Cela signifiait que cet amour qu’il savait impossible le poursuivrait ou qu’il soit, quoiqu’il fasse. Il était perdu, et leur cause en avait progressé … Elle arriva a l’entrée de temple, dissimulée par une roche dans la roche. Il était amusant de songer que La Main soit si près du pouvoir royal, comme quoi on ne voyait jamais ce qu’on avait sous les yeux. Elle remarqua d’ailleurs le maître un peu tard, mais il savait être discret lui aussi. Il ne portait pas de cagoule, juste un habit passe partout sous un cache-poussière de couleur cendres. Elle le reconnut, c’était son amant de sa dernière nuit au temple. Ce qui en soit ne changeait rien. - je t’écoute. Il était inutile de se saluer, après avoir parlé, il s’approcha d’elle assez près pour qu’elle lui murmure à l’oreille tout ce qu’elle avait vu et perçu. Et on ne trichait pas avec un maître, on n’essayait même pas. Derrière eux le château brillait de mille feux sous le soleil levant. Encore une illusion de splendeur. Le maître hocha la tête et sourit quand elle eut fini. - je te félicite. Tu as fait ce qui devait être fait et les circonstances t’ont souri, nous ont souri malgré l’imprévu initial. Le fruit est mur, il n’est donc pas loin de pourrir. Agenouille-toi, et ne bouge pas. Elle obéit, et ne bougea pas, même lorsqu’il exhiba une longue aiguille en acier, même lorsqu’il la pointa vers son œil droit. - ça va faire mal. C’était la première fois qu’on lui disait ça, puis il enfonça l’aiguille d’un geste vif et habile dans l’œil de Faerie qui fut instantanément rendue aveugle et sentit une douleur fulgurante frapper son corps entier, lui vriller le cerveau, et brûler son système nerveux. Son corps voulait se tordre de douleur, mais elle parvint au prix d’un effort surhumain, d’une volonté de fer à rester immobile, ouvrant la bouche mais sur un cri silencieux, laissant uniquement son corps s’exprimer par les spasmes musculaires de son ventre. Elle ne voyait plus rien mais elle sentait que l’aiguille était encore en place, très près de lui toucher le cerveau, le maître avait bien calculé son coup. L’aiguille toujours fichée dans son œil démultipliait la douleur mais elle y résista, et elle parvint peu à peu à s’habituer à la souffrance … Puis le maître retira l’aiguille avec une habileté telle que l’œil resta en place dans l’orbite. Puis il la saisit par l’épaule et ils rentrèrent dans le temple, elle le sentit à la différence de température … - maintenant tu sais ce qu’on ressent face à une telle douleur. Tu pourras l’infliger en connaissance de cause. Je t’ai frappée alors que tu avais réussi ta mission. Si tu avais réagi avec orgueil, tu serais morte. Régénère ta blessure et rends moi l’anneau. L’anneau, c’était à la fois un déchirement et un soulagement de le rendre. Elle se concentra et l’anneau vampirique fit son office, le trou dans son œil se referma, les tissus se régénèrent en une dizaine de secondes, et Faerie retrouva la vue. Elle se leva, ôta l’anneau de son doigt et le rendit à son maître dans la pénombre de l’antichambre du temple. - l’anneau est tout, sans lui tu n’as pas de magie, sans lui tu n’as pas de talent, parce que le moment venu, il ne te restera plus rien. Tu comprendras, ce jour là. Elle ne comprenait pas, mais le maître l’avait dit. Puis il conclut. - tu es à présent une Elue. Voila, c’était fait. Elle était une Elue. Pas de cérémonie inutile. Il y en avait sûrement d’autres, dans les autres temples, même si Faerie ne les avais pas vues. Pas encore, peut-être. Elle fit face à son maître et attendit qu’il continue. Ce qu’il fit : - est-ce que tu ressens encore les miasmes du pantin ? Il parlait de Romaric, et il parlait de la tendresse de leur acte d’amour. De sa tendresse à lui. - non. Et elle le pensait. La douleur infligée lui avait rappelée la réalité et chassé les illusions de son esprit guéri. - bien. Vois tu ce temple, Faerie ? - oui, maître. - tu n’en dépasseras pas l’anti-chambre. Elle était surprise par ses paroles, mais demeura impassible. Il poursuivit : - ta place n’est plus ici, tu es formée, tu es une Elue. Tu vas donc aller en ville, tu séjourneras un temps à l’auberge pourpre, le contact habituel t’y donnera les informations et les éléments nécessaires à ta dernière mission, celle qui durera toute ta vie en ce monde. Tu as compris ? - oui, maître. - nous nous reverrons peut-être, tu verras aussi d’autres maîtres, mais plus aucun d’entre nous ne te touchera. Maintenant va. Tout changeait. Elle le regarda, elle le regarda vraiment pour la première fois depuis son retour au temple, et malgré la manque de luminosité, ou alors à cause de ça, elle vu le premier stigmate au coin de l’œil du blond au visage rond, et qui allait dépérir. Un anneau de magie l’attendrait à l’auberge, ça ne faisait pas de doute, et elle avait celui qui l’avait forgé en face d’elle. Elle ne reverrait pas ce maître mais n’en éprouvait ni joie ni peine. C’était dans l’ordre des choses. - va. Elle obéit, tourna les talons et fit un pas vers la sortie. Puis elle se retourna vers le maître, qui était en train de passer une robe de bure, et de cacher son visage sous la cagoule avant de lui faire face à nouveau. - maître, j’ai une requête. Elle avait osé parler sans qu’un maître l’y autorise d’abord, mais elle savait qu’elle ne le faisait pas par fierté. La maître hocha le tête. - j’aurais été déçu si tu ne l’avais pas fait. Parle. Que veux tu ? Elle fit deux pas vers lui, et dit ce qu’elle désirait depuis qu’elle avait quitté le château : - je voudrais que vous me frappiez, maître, une dernière fois. C’était une scène ordinaire … une scène presque ordinaire ... |
| | Mitoko triball | | May i help? | | Artiste du Ciel |  |  |
| Posté le 08-07-2006 à 12:48:11
| Elle est horrible cette fic O__O J'adore! *____* Veux la suite!>__< Je veux savoir si Faerie optera pour le baton ou le fouet XD *File se cacher*
-------------------- Mimi's theme
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| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 08-07-2006 à 18:27:05
| XD merci Mimi.^^ le chapitre 2 est écrit et sera bientot posté, le chapitre 3 est en écriture. en fait heeuuu, Faerie va se servir d'une dague, mais sans le talent de Mitoko. COUIC. |
| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 08-07-2006 à 20:43:48
| Chapitre 2 : une fée sans ailes, brûle la colline Note : mis à part les potentielles que personne ne va probablement plaindre, toutes les victimes de ce chapitre sont majeures. Ce n'est pas parce que c'est sombre que ça doit être sordide. Donc, ne vous fiez pas aux apparences en entamant le passage concernant Susie, pliz.^^" *** Deux ans s’écoulèrent. Elle n’avait toujours pas vu d’autre Elue, juste des potentielles qui lui servaient de plus en plus d’intermédiaires avec les maîtres, entre autres. Elle exerçait officiellement le métier d’utilité publique de cartographe royale, qui consistait pour Faerie à voyager dans tout le royaume avec tous les passe-droits pour délimiter les terres, les limites des ombres et leurs incursions. L’exactitude de ses cartes était telle qu’elle était devenue très vite réputée. Elles étaient précises, et pour cause ... Faerie était revenue une nouvelle fois à Merendio, près du château où tout le monde faisait comme s’il ne s’était rien passé deux ans auparavant. Alia et elle avaient alors quinze ans. Dans la pénombre de sa suite royale, enfoncée dans un fauteuil de velours capitonné, la jeune femme savourait le puissant feu de bois qui brûlait dans la cheminée. Elle s’astreignait toujours à un régime alimentaire strict, faisait quotidiennement des exercices physiques pour garder son endurance et garder en elle le goût de la douleur, méditait toujours pour que son esprit fusionne avec l’esprit d’un anneau de magie, elle avait compris la nature de cette relation. Et elle fuyait toujours le froid. Elle goûtait aux bienfaits de la chaleur dès qu’elle pouvait, que ce soit un lit douillet, un feu de cheminée … ou la chaleur d’un corps, que ce soit celui d’un homme ou d’une femme. Les yeux mi-clos, Faerie sentait les ondes de chaleur des flammes crépitantes lui caresser les joues, le cou, la poitrine, les cuisses … elle était nue et jouissait du moment présent. Et elle travaillait. Loin d’elle de vouloir critiquer ses maîtres, mais il était amusant de songer qu’on lui avait seriné qu’il fallait toujours souffrir pour utiliser la puissance d’un anneau. Faerie pensait bien qu’un effort total du corps et de l’esprit étaient vital pour s’harmoniser avec l’anneau, l’adapter à sa psyché, mais pour en déclencher le pouvoir, il en allait tout autrement. Elle pensa que les maîtres ne pouvaient pas connaître cette dernière étape dans la peau d’une Elue. En tout cas, elle surveillait du coin de l’oeil le travail de l’esprit des ténèbres qu’elle avait appelé grâce à son anneau d’invocation, son plus puissant artefact à ce jour. Une petite commode était posée non loin d’elle et à la lueur de la cheminée, elle voyait la brume noire qu’était l’esprit oeuvrer sur la carte posée dessus, y établissant une cartographie d’une précision surnaturelle, et pour cause … il suffisait qu’elle lui transmette une pensée précise, la pensée d’une zone bien particulière ou non, et l’esprit faisait tout le travail. Elle n’avait toujours aucun talent, mais elle était une Elue, elle utilisait le talent des autres. Quand l’esprit eut terminé, elle se leva et alla voir le résultat. Elle aurait pu demander à l’esprit de lui amener la carte, elle ne devait jamais confondre les besoins de sa mission avec la paresse. C’était un travail unique, comme toujours, elle allait encore gagner de l’argent, de la réputation, du pouvoir et être admirée d’une société qu’elle haïssait, être considérée comme l’héroïne d’un monde dont elle souhaitait par-dessus tout la destruction totale. Tout ça pour une carte qui ne nuisait en rien les ténèbres, mais qui le savait, en dehors de La Main ? Elle jeta plus de bois dans le feu, accroissant les flammes, et se rassit en soupirant d’aise. Ho oui, le métier de cartographe était dangereux, la plupart des régions étant parsemés de lieux ou la nature était sauvage, avec sa faune primitive en plus des créatures des ténèbres. Oui, malgré les avantages sociaux qui leur étaient accordés, les cartographes avaient souvent la vie dure, elle en avait tué elle-même quelques-uns. On tombait si facilement d’une corniche … on était si facilement dévoré par un animal sauvage … Le feu avait augmenté de taille, éclairant davantage le salon aux meubles précieux, aux tapisseries épaisses illustrant des événements épiques du passé de ce monde terne … sans intérêt … surtout, la chaleur avait augmenté et le corps de la jeune femme se couvrit d’une fine pellicule de sueur. Elle laissa échapper un râle de plaisir puis passa une main sur son ventre et porta un peu de transpiration à sa bouche, la dégustant … Romaric … La sueur lui rappelait Romaric, qui revenu en son royaume de Raidhaz, ne pouvait plus se passer de sa cartographe. A titre professionnel comme dans l’intimité … en effet, quelque semaines après leur étreinte au château de la reine, Faerie avait accepté de retourner dans le lit du jeune homme, avec de l’appréhension, mais elle fut rassurée. La folie le rongeait peu à peu et il devint de plus en plus brutal, il se défoulait de plus en plus sur Faerie par désespoir, ce n’était plus de la tendresse, c’était de la rage. Et c’était nettement mieux ainsi. Il y avait aussi Deirdre, mais elle ne soupçonnait rien. Des fois elle se demandait si ses maîtres avaient vraiment prévu qu’elle évolue comme ça, qu’elle prenne du plaisir de la rugueuse réalité de la vie … mais elle avait trop besoin d’eux, de leur autorité. Sans La Main, elle serait perdue, comme cette petite fille, ce jour de pluie, cette petite fille dont la mère avait été assassinée sous ses yeux. Et sous les yeux de son ennemie jurée … Elle rouvrit les yeux. Elle s’était assoupie, mais c’était fini. Il ne subsistait plus de plaisir, que le devoir à accomplir. Elle regarda l’horloge au mur. Il était temps d’agir pour enclencher la prochaine étape. Du moins, en principe, c’était pour cette nuit. Si elle échouait, elle aurait déployé des forces vives pour rien, mais vivre c’était risquer. *** Elle entra discrètement dans le château, même si elle avait le droit d’y entrer de jour comme de nuit, mais il faudrait trouver un prétexte et elle n’avait surtout pas intérêt à être vue officiellement ici cette nuit là. Elle s’assura d’abord que les conseillers les plus loyaux étaient prêts pour la petite comédie qui n’en serait pas vraiment une pour eux. C’était le cas. Elle se dirigea alors vers la chambre d’Alia. En chemin, elle se demanda comment elle avait fait pour ne jamais croisé la route de son ennemie jurée. Elle avait été reçue tant de fois en audience royale par la reine, mais il était vrai que la princesse méprisait les affaires de la cour et les fuyait le plus possible, elle préférait grimper aux arbres, elle enviait trop la liberté des oiseaux, mais dans les airs, on faisait une cible idéale … Ce qui était encore plus amusant, c’est que la reine appréciait Faerie autant que cette dernière la haïssait. Mais c’était Alia qu’elle haïssait le plus … elle arriva à la chambre de la princesse, et s’assura que le spectre faisait bien son travail. C’était le cas. Depuis près de deux ans, il hantait les nuit d’Alia, il lui rappelait l’agression commise par Geoffroy, il passait sous silence le coté avorté du viol, le plus grave, pour amplifier celui qui avait réussi .. les habits déchirés … la domination … la langue avide de la brute sur la jeune poitrine, sur son doux ventre … et surtout, la main plaquée sur sa bouche, le cri qui ne pouvait en sortir … et Alia se réveilla en sursaut, comme tant de soirs depuis près de deux ans. C’était le début de sa vengeance, juste le début … Cette nuit-là par contre, le spectre devait aussi rendre la chambre asphyxiante pour Alia, la rendre assez inhospitalière pour qu’elle sorte prendre l’air sur le balcon. Ce qu’elle fit. Et curieuse comme elle l’était, elle allait s’apercevoir qu’il y avait encore de la lumière dans la salle où les conseillers attendaient … il n’y avait pas de certitude, mais le spectre avait rendue la chambre d’Alia tellement peu rassurante que la curiosité devait la conduire à aller trouver cette lumière … Ce qu’elle fit. Soulagée, Faerie la devança et prévint les conseillers qui mimèrent le rendez vous secret alors que la princesse arrivait à distance d’écoute. - bonsoir mon seigneur. - bonsoir. - je suis désolé de vous devoir vous parler à une heure aussi indue, mais c’était important. - de quoi est-il si urgent de parler ? - de la princesse Aliandra. - que se passe-t-il ? Serait-elle souffrante ? - non, elle est … différente … - vous dîtes que la princesse Aliandra n'est pas pareille que les autres reines ? - non mon Seigneur, elle a appris à manier l'épée, elle semble plus sauvage et désobéissante… - elle semble où elle est ? - elle est ! Hier encore on a entendu dire qu'elle s'enfuyait de ses cours pour grimper sur le toit du château ou pour grimper aux arbres… - quel genre de princesse est-elle donc ? - il faut la mater comme les anciens ont maté sa mère. Pour notre bien elle ne doit pas intervenir dans la politique… - mais sa mère intervient pourtant… - oui mais elle a eu une idée implantée dans la tête à force de lui répéter… Il n’était pas certain qu’Alia ait entendu les premières phrases de cette discussion, mais le sens ne lui échappa pas car elle repartit en courant, tellement en colère qu’elle dérapa plusieurs fois sur le sol et se raccrocha aux tapisseries accrochées aux murs pour éviter une chute. Elle arriva en trombe dans sa chambre et Faerie l’entendit s'écrouler sur son lit, hors d'haleine. Parfait. Sur une intuition, elle décida alors de descendre en bas du balcon pour observer la nuit noire. La princesse pousserait-elle l’esprit romanesque pour s’enfuir de son balcon ? Car pour elle, tout menait à la fugue d’Alia, et tout partait de là. Si elle ne partait pas cette nuit, il faudrait accentuer la pression ... mais les maîtres lui feraient payer ce retard … Puis quelque chose tomba du balcon, pas Alia, mais des mèches de cheveux à elle. Faerie tendit la main et en récupéra un certain nombre. C’était astucieux, Alia coupait ses cheveux et allait sûrement les teindre pour passer inaperçue dans sa fuite, ça ne pouvait signifier que ça. C’était aussi stupide, car une mèche de cheveux d’une proie était un ingrédient très important dans la magie noire. Faerie n’avait jamais pris le risque de dérober ne serait-ce qu’un cheveu d’Alia sur un de ses peignes, la reine faisant attention à ce que chaque cheveu perdu soit détruit, et tenter d’en voler un aurait pu tout compromettre. Et voila qu’Alia lui en donnait assez pour faire tout ce qu’elle désirait. A commencer par la suivre à la trace la princesse fugueuse … Ravie, elle la vit se comporter en voleuse, prendre tout ce dont elle aurait besoin pour sa fugue et partir en catimini … Elle la rattraperait … en quelques minutes, elle rouvrit les portes derrière Alia, qui non seulement aurait eu l’égoïsme de fuir les siens, de fuir sans devoir, mais dans sa hâte aurait affaibli la protection du château, sans se soucier de ses occupants. C’était la partie la moins gardée du château, Alia ne l’avait pas empruntée par hasard pour s’enfuir. Faerie avait fait en sorte qu’elle ne soit pas du tout gardée ce soir là. Elle connaissait les lieux par cœur pour en avoir exploré les moindres recoins, elle connaissait la force et la faiblesse es protections classiques et magiques parce que La Main les étudiait depuis des siècles. En fait, en sacrifiant une grande partie de ses membres, La Main aurait pu atteindre la reine et la tuer ainsi que sa descendance, mais cela aurait été une erreur fatale. L’ordre aurait été démantelé par le peuple vengeur et par les autres royaumes, et les fées avaient peut-être prévu une solution de rechange bien moins prévisible dans le cas de l’extinction de la reine et de sa descendance. Faerie avait donc ouvert une porte de service, et des personnes sortirent des ombres. D’abord deux Potentielles. La première Potentielle s’appelait Elindra, c’était une petite rousse maigre avec un regard sadique, vêtue de cuir pourpre, d’une jupe courte et de bottes à lacets lui montant jusqu’à mi cuisses. Elle se passa la langue sur ses lèvres en passant à coté de Faerie et entra. A sa suite venaient une dizaine de brutes, des brigands mal rasés et totalement sous la coupe d’Elindra. Elle les avait allumés autant que Faerie l’avait fait pour Geoffroy, ça se voyait à leur regard avide. La deuxième Potentielle s’appelait Cilicia et fermait la marche, presque aussi grande que Faerie, plus forte, avec des os plus épais, une brune aux cheveux courts mais au visage fin qui contrastait avec le reste de son corps plus robuste. Tous entrèrent sans un bruit et Faerie referma la porte alors que les hommes se frottaient les mains, ricanaient. Ha la bonne blague, entrer dans le château royal. Les hommes avaient si peu de cervelle, et le désir pouvait réduire ce peu de cervelle à néant. L’Elue et les deux Potentielles firent s’infiltrer les mâles jusqu’aux cuisines. Pour le reste, leur avidité suffisait et les servantes étaient toutes au minimum jolies. Les membres de La Main se mirent donc à leur aise, alors que les gredins s’approchèrent des servantes endormies qui se réveillèrent trop tard. Leur uniforme fut arraché, elles furent ligotées et subirent les bas instincts des brutes. Elle hurlèrent mais personne ne les entendrait, Cilicia ayant instauré une bulle de silence dans la salle. … Ces gars-là n’avaient à l’évidence pas touché à une femme depuis des mois, ou alors Elindra avait fait un excellent travail de manipulation mentale sur eux. Un peu des deux sûrement. … Les minutes passèrent, certaines victimes poussaient des cris très aigus, quand elles pouvaient crier. A l’évidence, Elindra était fascinée par ce spectacle, sa tête bougeait même en rythme avec les coups de reins de certains hommes. Cilicia masquait pour sa part son ennui de son mieux, elle préférait violer elle-même ses proies, d’ailleurs elle avait tout un tas d’instruments pour ça. Quant à Faerie, ce n’était pour elle que le reflet d’un monde sans fards ni illusions, et elle avait autre chose à faire. En effet, c’était un geste barbare qui avait lieu sous leurs yeux, et rendu encore plus dur par le fait qu’il était organisé par des femmes, mais ce n’était pas suffisant. Il fallait un plus grand choc pour ébranler le château, et pour cela … Après un regard entendu à Elindra qui continuait à mater et à Cilicia qui se mit à se peler une patate, en sachant que sous ces airs de détente elles continuaient à maintenir active la magie de leur anneau, Faerie s’infiltra plus avant dans le château, passa toutes les défenses et arriva jusqu’à la chambre de la petite Susie … Quand elle revint, les brutes se reposaient et du sang coulait sur le plancher. Les servantes avaient toutes été égorgées après « usage ». C’était vraiment un monde impitoyable et Faerie sentit une boule se former dans sa gorge, mais elle se ressaisit. C’était aussi le prix à payer pour se venger d’Alia. Elindra railla quand elle la vit : - les gars, voila le bonus, une fille de la reine, et la plus jeune, la plus tendre. Faerie tenait en effet devant elle la petite Susie, vêtue d’une robe de nuit rose brodée de l’emblème royal. Elle lévitait au dessus du sol par la magie des esprits des ténèbres, ne pouvait pas émettre un son et ne bougeait que les traits de son visage. Et elle était terrifiée. Cilicia en cessa de manger sa patate et regarda une des brutes s’approcher de l’enfant, moins ennuyée d’un coup ... Alors que l’espèce de brute à l’haleine fétide s’approchait lentement de la fillette comme si c’était le plus grand trésor de tous les temps, Faerie repensa que pour les maîtres, personne n’était innocent. Elle regarda l’homme arriver au contact et arracher d’un seul geste la robe de nuit rose, et elle se dit qu’elle avait l’âge de Susie quand elle avait été initiée à la dureté de la vie, quand les maîtres l’avaient initiée à la réalité du monde. Elle avait six ans quand elle avait pris le chemin de la souffrance, et neuf ans quand elle avait été en mesure de comprendre et s’était engagée sur la voie de la vengeance ... mais l’enfant ne savait rien, ne comprenait rien. Susie n’était pas Alia, Susie était innocente. - dommage que le petit oiseau ne puisse pas chanter … Ce disant, il caressa le visage ruisselant de larmes de l’enfant, quand sa tête fut tirée en arrière par les cheveux, et il sentit une lame froide lui ouvrir la gorge. Il s’écroula au sol, secoué de spasmes, alors que derrière lui, Faerie laissa tomber la dague maculée de sang. - toi c’est sur, tu ne chanteras plus. Pendant un instant, tout se figea dans la salle. Les deux Potentielles et les brutes regardaient Faerie et le cadavre comme s’ils doutaient de la réalité, puis les mâles dégainèrent leurs armes, et c’est la dernière chose qu’ils firent. Les créatures des ténèbres apparurent sur ordre de Faerie et les mirent en pièces. Leurs cris emplirent les lieux pendant une dizaine de secondes, puis ce fut terminé. Davantage de sang maculait les lieux, sauf que ces morts là firent très plaisir à Faerie. Cela lui rappela la dernière gifle que le maître lui avait assenée à sa demande deux ans plus tôt, elle se souvint que le coup avait été si puissant que le visage de Faerie en avait heurté l’une des colonnes de l’antichambre. Elle n’avait pas saigné, elle n’avait pas marqué, mais cela lui avait vidé la tête de ses dernières pensées liées à la faiblesse de Romaric. Faerie contempla un instant le carnage et se tourna vers les Potentielles qui étaient toujours sidérées, d’abord vers Elindra, puis vers Cilicia à qui elle parla en premier : - bravo, tu as continué à maintenir la bulle de silence malgré ta stupeur. Puis elle s’adressa à Elindra : - approche. L’intéressée obéit sans un mot. De même que personne dans l’ordre ne contestait le choix des maîtres, aucune Potentielle ne pouvait critiquer une décision de Faerie, une Elue. - tu lui implantes dans l’esprit tout ce que je lui dis à présent. Elindra se concentra et Faerie attira Susie à elle et la regarda dans les yeux. - tu t’es réveillée, tu as vu Alia partir discrètement, tu as eu peur et tu l’as suivie. Tu l’as vue ouvrir les portes, menant à la sortie du château, tu l’as vue partir, et tu as réveillé les servantes dans les cuisines pour empêcher ta sœur de partir. Elle t’ont rassurée mais n’ont pas eu le temps d’alerter les gardes parce que de vilains messieurs sont arrivés à ce moment là, ils ont fait de vilaines choses aux servantes. Ensuite, tu auras honte à le dire, mais ils ont fait de vilaines choses avec ta bouche. Ils auraient ou faire plus vilain encore mais ils se sont alors disputés et ils se sont fait de vilaines choses … Au fur et à mesure qu’elle parlait, la Potentielle insérait les paroles dans l’esprit de la fillette, les y gravait. - tu vas oublier le reste, tu vas oublier mon visage, tu vas oublier ma présence, mais dans trois jours, tu parviendras à te souvenir qu’il y avait aussi deux vilaines dames dans la salle … maintenant dors, et hurle très fort quand on te réveillera … mais dans une semaine, tu oublieras totalement ton témoignage, tu oublieras totalement cette nuit. Elindra fronça les sourcils mais continua son travail. Susie s’endormit et Faerie la déposa doucement dans une mare de sang avant de se redresser et de faire face aux Potentielles à la lueur des torches. - je ne vous dois pas d’explication, mais je vais quand même vous en donner. La Reine sait pertinemment que des humains convertis au Mal la guettent et attendent la moindre faiblesse de sa part pour l’attaquer. Plusieurs d’entre nous ont d’ailleurs été sacrifiées pour lui faire croire qu’elle emportait des victoires. Qu’Alia ait laissé dans sa fuite des brutes dans le château et commettre les actes de ce soir sera déjà une faute très grave, mais qu’elle vous ait laissé entrer des servantes de la destruction, ce sera encore pire. Vous comprenez ? Elle hochèrent la tête, impressionnées. Et visiblement désappointées. - laissez moi deviner, vous préféreriez que ça ne se termine pas comme ça. Elle hochèrent à nouveau la tête en souriant, puis leur sourire disparut pour laisser la place à l’incompréhension quand les créatures des ténèbres réapparurent et les réduirent en bouillie sanguinolente. Elle s’agenouilla, prit un anneau et le fendit par magie. Ainsi la reine comprendrait que l’anneau de magie fendu, le pouvoir avait échappé aux « vilaines dames » et qu’elles avaient été elle aussi tuées par les créatures des ténèbres. - maintenant, c’est terminé. Du moins, cette étape était terminée. *** Au petit matin, Faerie regardait le poste frontière brûler sur la colline, avec tous ses occupants, certains tués par les créatures des ténèbres, d’autres enfermés dans des pièces et brûlés vifs … elle entendait leurs hurlements d’ici … toute cette destruction était rafraîchissante. Et puis, ça réchauffait l’atmosphère … ça puait aussi la chair carbonisée, mais ce n’était pas désagréable. Ni pour elle, ni pour les cinq potentielles qui l’accompagnaient, anonymes encagoulées dans leur robe de bure, et qui regardaient elles aussi la scène en silence. Il y avait des moments où il était logique de travailler en équipe. Et c’était encore mieux quand on dirigeait l’équipe, surtout quand on savait ce que Faerie savait. Elle se mit à chantonner : - une petite fée sans ailes, brûle la colline … Il ne serait pas difficile de faire croire qu'Alia serait passée par ce poste frontière et aurait aussi affaibli ses défenses pour s’enfuir à tout prix. Ainsi elle serait non seulement égoïste et inconsciente, mais également une traîtresse à son royaume. Même si le peuple ne devait l’apprendre que bien plus tard, voire jamais, même si la plupart de ses sujets ne croiraient pas qu’elle puisse commettre ces erreurs effarantes, le plus important était que Romaric le sache, lui, dans les plus brefs délais. Elle allait en informer ses maîtres par l’un des esprits messagers, mais l’un d’eux était là, elle le sentit approcher d’elle tranquillement, engoncé dans sa robe de bure ample, et regarder à ses cotés le poste frontière s’effondrer dans les flammes. Il regardèrent ensemble les colonnes de fumée s’élever dans le ciel et l’obstruer en partie. - je me rends au royaume de Raidhaz dans les plus brefs délais, maître. Elle avait osé parlé à un maître sans en avoir la permission, et cette fois devant des potentielles qui se figèrent, retenant leur souffle. Et le maître sourit. - continue à nous satisfaire, Elue. Nous nous occupons de la princesse. Faerie n’avait pas été chatiée, les potentielles la regardèrent avec un mélange de stupeur, de respect et de crainte. C’était visiblement la première fois qu’elles opéraient sous les ordres d’une Elue. Faerie aimait ce titre mais pas par orgueil, tout simplement parce que ce statut lui permettrait de rester en vie assez longtemps pour se venger et pour participer le plus possible à la destruction du monde, alors que les potentielles ici présentes allaient mourir. Comme pour confirmer ses pensées, le maître sortit deux longs poignards enduits d’un poison verdâtre de ses larges manches, et la salua d’un hochement de tête. - tu peux t’y rendre dès maintenant, le pantin a besoin d’être informé, et résolu à n’avoir plus le choix. Moi, je reste ici et je termine le travail. Elle lui rendit son salut et partit. Elle n’en vit rien mais entendit le maître tuer rapidement les potentielles, l’une après l’autre. |
| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 11-07-2006 à 13:54:34
| Chapitre 3 : leur bon droit Au relief important, dénivelé, chaotique, le royaume de Raidhaz était inhospitalier. Certains disaient qu’il avait son caractère, qu’il transcendait la bravoure des hommes et des femmes qui y vivaient. Ces gens là étaient des imbéciles. Un château en montagne, frais le matin, froid l’après-midi, glacé le soir. Aucun anneau n’apportait de la chaleur, et ce ne serait pas prioritaire par rapport à sa mission, mais quand même, elle aurait aimé pouvoir le faire, même si elle portait une robe plus chaude et des bas qui étaient de surcroît assez douillets. Ca ne suffisait pas à la protéger totalement de la froidure ambiante qui émanait des murs même, et si elle ne le montrait pas, elle n’aimait pas cet endroit … mais elle aimait la noirceur qui s’en dégageait de plus en plus. Il y avait certes cette petite partie connue des visiteurs, de plus en plus rare au demeurant, le visage du château, mais la plus grande partie, ses salles secrètes, ses kilomètres de réseau souterrains dans la montagne, ces immenses cavernes qui étaient de moins en moins vides … Faerie remonta un immense escalier en pente raide, taillé dans la montagne même, dans la roche même. Malgré le froid qui engourdissait ses doigts à travers les gants, elle était très satisfaite de l’évolution de la situation. Derrière elle, le bruit propre du métal contre le métal et les hurlements féroces étaient encore audibles malgré la distance croissante. C’était prometteur. Elle déboucha finalement dans une salle secrète qui amenait elle-même dans la salle des armoiries. Elle traversa tranquillement plusieurs couloirs. Tout le monde la connaissait ici, et elle pouvait aller n’importe où. Cette partie de la mission pouvait paraître ennuyeuse mais elle était en fait cruciale, et Faerie s’était attendue à rencontrer une autre Elue, mais ce n’était pas le cas. Peut-être qu’il y en avait une ou des Potentielles mais qu’elles se cachaient, mais elle ne le croyait pas. Ca aurait pu se faire pour un passage éclair, mais ce n’était pas le cas. Faerie sortit et traversa la couloir extérieur bordant le jardin. Elle croisa Deirdre qui était en train de s’entraîner au combat contre un automate immobile doté de plusieurs bras armés, mû par la magie, un adversaire dangereux qui ne rivalisait pas à avec le talent de la combattante. Demi-elfe, la jeune femme avait été adoptée par le père de Romaric, et ce dernier la considérait comme sa demi-sœur, mais peut-être était-elle réellement sa demi-sœur. Les elfettes pouvaient être si séductrices … L’Elue observa un moment l’entraînement de Deirdre, une élue elle aussi en quelque sorte. La plupart des guerriers se battaient avec force et puissance, mais pas Deirdre. Faerie aimait la regarder manier l’épée avec souplesse, dextérité. D’une certaine manière, elle aimait bien cette jeune femme, elle la trouvait attirante mais elle n’en dirait jamais rien. Ca choquerait Deirdre, et même dans le cas contraire, ça pourrait compromettre sa mission, sa vengeance. De plus, il était bon de ne pas toujours avoir ce qu’on désirait. Deirdre s’aperçut qu’elle était observée, elle arrêta la machine et se tourna vers Faerie, en sueur. - comment ça se passe ? Demanda-t-elle en passant une main sur son visage imprégné de transpiration. Pas de bonjour, pas de formule de politesse, oui, Faerie aimait bien Deirdre, ça faciliterait sa tâche. Elle inclina doucement la tête vers la demi-sœur de Romaric. - ça ne pourrait pas aller mieux, maîtresse, votre jour de gloire arrive à grands pas. - ne m’appelez pas ainsi. Elle n’avait pas parlé méchamment et s’approcha de Faerie, avant de caresser sa joue, l’imprégnant volontairement ou non de sa sueur. L’Elue en réprima difficilement un frisson de plaisir. - ne m’appelle pas ainsi. Avait-elle compris ? En tout cas, à son regard la transition était définitive. - je v … je te donnerai bien un titre plus approprié et plus digne, mais ce serait précoce. - oui, ce serait précoce. Tu es l’alliée de Romaric, c’est d’abord à lui que ton allégeance va, si je ne m’abuse. Deirdre avait toujours tendance à être à l’écoute de son entourage, mais elle s’était un peu plus rapprochée de Faerie ces derniers mois. Il était vrai que cette dernière avait un caractère facile à vivre avec ses alliés, surtout avec celle qu’elle avait appelé d’elle-même sa maîtresse. Faerie lui sourit. - je suis ton alliée à part entière, je te soutiens de toutes mes forces parce que je verrais personne d’autre que toi accéder à la gloire suprême. Et elle disait la vérité, même si cela porterait un coup de plus à l’équilibre déjà précaire du monde. - bien … cela concerne-t-il aussi l’ordre ? - tous mes choix et actions sont guidés par l’intérêt ultime de l’ordre. Comme si Faerie pouvait avoir des velléités d’indépendance, mais la réaction de Deirdre était normale pour quelqu’un qui n’avait pas grandi au sein de La Main. - je dois reprendre l’entraînement … tu vas voir Romaric ? - peut-être pas tout de suite mais c’est probable. Deirdre lui tourna le dos et fit quelques moulinets avec son épée pour s’échauffer à nouveau, bien que la pause ait été courte. - fais attention, il n’a pas bien pris les nouvelles. Faerie ne risquait rien, mais elle fit comme si c’était possible. - merci, je ferai attention. Le connaissant, il acceptera les faits et ira de l’avant, mais tu le connais mieux que personne. - oui, en tout cas je le connais mieux qu’elle. Cette attirance est irraisonnée. Deirdre parlait d’Alia sans la citer, mais concernant l’attirance, c’était moins clair. S’agissait-il de celle de Romaric pour Alia, ou de celle de Deirdre pour Romaric ? - les absents ont toujours tort, bientôt la situation sera simplifiée, très bientôt, et certains d’entre nous auront le pouvoir d’exprimer plus librement leurs sentiments. Elle avait parlé de façon volontairement ambiguë parce qu’elles n’en avaient jamais parlé ouvertement, mais Deirdre savait qu’elle avait été percée à jour par Faerie mais que cette dernière ne cherchait pas à lui nuire, et c’était vrai, sinon l’Elue n’aurait pas caché à la demi-elfe qu’elle couchait avec Romaric. - m’exprimer plus librement … Deirdre se tourna à moitié vers Faerie et lui fit un petit signe de tête avant de réenclencher l’automate, qui bougea lentement d’abord pour un retour progressif aux difficultés d’un combat réel. Oui, Deirdre se demandait si elle pourrait ouvrir son cœur à celui qu’elle aimait, à Romaric qui ne pensait qu’à Alia, mais chaque chose en son temps. - Faerie, pourquoi ne t’entraînes tu pas à l’arme blanche ? Elle allait partir mais la question ne la surprit pas outre mesure. - parce qu’ils me disent que ça ne sert à rien, parce qu’ils me disent que le moment venu je comprendrai. Et elle le pensait. Deirdre fronça les sourcils en se concentrant totalement sur ses mouvements à ce moment là. Elle ne pouvait pas comprendre, sa nature même l’en empêchait. En effet, le prénom de Deirdre avait été choisi avec lucidité, voire extra lucidité. Il signifiait le danger, et Deirdre était une jeune fille qui aimait le danger, elle aimait se battre et elle ne comprenait pas qu’une personne comme Faerie ne soit pas autorisée à s’entraîner pour faire face le mieux possible au danger, mais La Main était LE danger. Un danger mortel pour les chimères liées à la vie. Faerie salua Deirdre et se retira. Etait-ce le léger doute de la demi-elfe qui l’avait touchée, mais elle se rendit compte qu’elle n’avait pas l’âge de la petite Susie le jour où le malheur s’était abattue sur elle, puisqu’Alia n’était pas revenue au château royal avant l’âge de huit ans et qu’elles avaient toutes deux le même âge, mais deux ans d’écart, ce n’était pas une grande différence, même à ce niveau là de la vie. *** Romaric avait mal pris l’inconscience et la trahison d’Alia, du moins celle dont Faerie lui avait parlé « preuves à l’appui ». La sordide agression envers les servantes et Susie dans le château, la destruction totale d’un poste frontière … il avait à nouveau cassé quasiment tout le mobilier autour de lui, mais il était assis au bord de son lit et semblait calmé quand elle arriva à sa hauteur et s’assit à coté de lui. elle ôta ses gants. Il avait l’air de quelqu’un qui est arrivé au-delà du désespoir, au-delà de l’espoir. Il était à point. - comment ça se passe ? Et il avait retrouvé le fil conducteur de leur mission. - ça se passe au mieux vue l’évolution de la situation. Tout sera prêt malgré la précipitation. J’ai été plus optimiste avec Deirdre mais c’était nécessaire. - tu as bien fait. Il se tourna vers elle. - j’ai eu du mal à l’accepter au début, mais je me suis fait une raison. Tout ceci n’est pas du au hasard, et nous serons plus que jamais dans notre bon droit. - oui. Ses maîtres savaient bien qu’il aurait suffi de très peu pour que Romaric recule au dernier moment, et de trois fois rien pour qu’il soit convaincu de ne pas avoir le choix, sauf qu’elle n’y était pas allée avec le dos de la cuillère, car si elle partait toujours d’une impulsion provoquée par ses maîtres, la finalité était toujours du à la créativité de Faerie, qui organisait les rouages de la machination visant la chute d’Alia depuis des années. Romaric expira un grand coup avant de parler à nouveau. - je pense aussi qu’il ne nous reste plus qu’un choix pour sauver Alia d’elle-même, et j’approuve ta solution. Oui, nous allons … Il ne termina pas sa phrase, Faerie lui intimant le silence en posant doucement son index sur la bouche de l’homme. - je sais ce que je t’ai proposé, mais n’en parlons pas, chaque chose en son temps. - oui. Il saisit la main de Faerie. - ta main est froide. Elle lui fit un petit sourire malicieux, un petit air mutin. - elle ne demande qu’à se réchauffer. Il lui caressa la joue. - je peux l’y aider. Sur ce, il plaça sa main entre les siennes, la réchauffant effectivement. - le reste de mon corps aurait aussi besoin de ton aide ... Dit-elle dans un souffle. - dans ce cas … L’instant d’après, il la prit sur ses genoux, la serra contre lui et l’embrassa avec fougue. Faerie se laissa aller et enroula vivement sa langue autour de la sienne, tout comme elle se laissa aller quand ils furent nus sous les draps soyeux, quand ils ne firent qu’un, quand elle sentit la chaleur de Romaric sur elle et en elle ... et même en s’oubliant dans les bras de la jeune femme, le regard de Romaric n’était plus qu’une froide détermination portée vers un avenir proche, et le plaisir de Faerie en fut accru.
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Kiss me good bye |
| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 05-10-2006 à 18:10:22
| Chapitre 4 : premiers doutes Lorsqu’elle arriva au château, Faerie était préoccupée par les rapports des espions. Elle pensait encore et encore à ces surprises en attendant dans la salle d’audience royale, une attente qui fut plutôt rapide. - Dame Francesca, quel plaisir de vous revoir parmi nous. La reine arrivait en grande pompe, suivie par ses servantes qui avaient du mal à aller au même rythme que leur souveraine. Faerie la salua bien bas. - c’est toujours un honneur, majesté. Elle se redressa ensuite et voua son regard le plus amical à celle qu’elle haïssait autant qu’Alia. Ce n’était pas difficile pour Faerie qui avait appris à sourire en se plantant une fourchette dans les doigts, jusqu’au sang. le regard « amical » de la jeune femme s’accentua quand la reine lui prit doucement les mains. - l’honneur est pour moi, ha, j’aurais tellement aimé avoir une fille de votre trempe, de votre loyauté. Faerie sourit à ces mots, c’était ce qu’on appelait l’ironie de la vie, mais le sourire se fana presque aussitôt, car elle était troublée par les derniers actes d’Alia. - merci majesté. Concernant votre fille, j’aimerais vous porter de meilleurs nouvelles. La reine en fut toute émue. - ho. Elle claqua des mains et tous sortirent, laissant Faerie et elle seules. - je vous écoute. Ma fille aurait elle à nouveau disparu ? - non, mais elle a tenté d’échapper à ses hôtes, et elle a tué un garde de sang-froid. - c’est terrible. - elle a ensuite tenté de maquillé son crime en essayant de faire endosser le meurtre à un autre garde qu’elle avait auparavant assommé. - c’est choquant. - il est surprenant qu’elle développe un tel coté obscur. Et Faerie le pensait. La reine, elle, était dans tous ses états. - ma fille, devenir un démon, quelle infamie. Faerie baissa humblement la tête. - je suis désolée de vous porter de telles mauvaises nouvelles. Et encore, elle préférait ne pas parler de l’aventure entre Alia et le premier venu. - redressez la tête, dame Fransesca, ne soyez pas gênée, ce n’est pas vous qui avez semé le malheur au château en le livrant à des démons dans votre fuite immature, c’est Alia. C’est elle qui a permis l’agression immonde de sa propre sœur, ce fut tellement horrible … La reine faillit en défaillir. Evidemment, avec un corset … Faerie l’aida à s’asseoir. - comment va Susie ? - bien … la pauvre enfant a tout oublié, mais le château est encore en émoi, d’imaginer ce que ces succubes lui on fait … il nous sera difficile de pardonner Alia pour son geste inconséquent. - majesté, peut-être qu’un événement survenu pendant l’enfance d’Alia l’aurait perturbée et inexorablement conduite à … ces moments d’égarement ? - où voulez vous en venir ? Ou elle voulait en venir, Faerie se le demanda sur le moment, mais elle le savait, tout au fond d’elle … - peut-être a-t-elle assisté à une scène choquante qui l’aurait troublée en profondeur … une tentative d’assassinat sur votre majesté par exemple. La reine réfléchit quelques instants, le regard dans le vague, avant de répondre : - ho oui, il y a bien cette folle qui avait tenté de m’assassiner, devant sa soi disant fille … mmm ? Folle … soit disant fille … l’attention de la reine fut détournée un instant par un courant d’air assez fort qui souleva un des blasons, et ainsi elle ne vit pas le regard haineux que lui voua Faerie pendant un bref instant. Quand elle se retourna vers la jeune femme, c’était passé. - … mais je doute que cela ait affecté Alia. Une future reine se doit d’être ferme avec la vermine. Vermine … mais cette fois Faerie garda son calme. Son sourire se fit bienveillant. - ce n’était qu’une éventualité, majesté. En tout cas, Alia a reçu la meilleure éducation possible, une éducation qui la transcendera lorsqu’elle deviendra reine, chassant ses ombres et ses balbutiements. - vous êtes gentille, dame Fransesca. Si elle savait … la reine prit ensuite un air songeur. - il faudrait peut-être précipiter le mouvement, la destinée … voudriez vous vous promener un instant dans les jardins royaux ? - avec plaisir, majesté. Là, au milieu des plantes, des fleurs les mieux entretenues du royaume, certaines venant de fort loin, la reine divagua sur les devoirs liés à sa noble fonction, et Faerie l’écoutait, ravie que la reine évolue dans la direction prévue par La Main. Il faut dire que Faerie comme Alia jouaient l’une comme l’autre un rôle important dans cette évolution … Néanmoins, après le départ de la reine, Faerie resta un moment à contempler l’horizon. Elle n’avait pas imaginé qu’Alia puisse céder elle aussi aux ténèbres, ne serait-ce que partiellement. Elle se faisait d’elle l’image d’une icône sacrée qui serait engloutie par sa propre lumière le moment venu, par sa propre arrogance. La pensée qu’Alia ait pu tuer de sang froid lui donnait une sensation désagréable. - si Alia n’est pas toute pure … Faerie ne se faisait pas d’illusion, elle savait bien que le désir de tout détruire était une preuve flagrante de corruption de la vie, de corruption de l’âme. Donc, si Alia n’était pas entièrement pure, qu’elle puisse avoir une parcelle de corruption, alors il était possible que Faerie, son opposée, sa Nemesis, ne soit pas entièrement corrompue, qu’elle puisse avoir un fragment de pureté … Faerie rejeta aussitôt cette pensée, mais les actes imprévisibles d’Alia l’avaient fait douter sur sa proie et sur elle-même, ne serait-ce qu’un instant …
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Kiss me good bye |
| | Lovie | | Portesprit Grondant |  |  |
| Posté le 10-10-2006 à 19:48:44
| c'est magnifique..... je viens de tout lire d'une traite... j'ai soif de la suite!!
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| | Misuzu | | C'est le monde qui a tort. Pas moi. | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 11-10-2006 à 19:29:32
| ...Kyaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!! J'adore *_* .. La suiteuh >.< ... ** Est trop impatiente ** J'adore trop le personnage Faerie j'crois xD
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Theme Of Misuzu |
| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 31-01-2007 à 18:34:19
| ( Le retour du JEuDI, un mercredi ) *** Chapitre 5 : le retour d’Alia Peu à peu, le doute de Faerie concernant Alia s’estompa, s’atténua et finit par disparaître. Les réactions obscures de la future reine et proie présente prouvaient seulement qu’Alia était plus influençable à la magie noire que ce qui avait été prévu. Cà ne changeait rien pour La Main, et pour Faerie, ça amplifierait sa vengeance si elle savait utiliser cet aspect à son avantage. Ce n’était pas une question de capacité, c’était une question de temps. Peut-être que le temps manquerait à Faerie, et elle ne pourrait saboter son devoir envers La Main pour espérer obtenir une vengeance plus forte. Qu’importait dans l’instant, le complot continuait son œuvre de destruction insidieuse. La fille prodigue était en route. Alia, la chère ennemie que Faerie aimerai dépecer vive, et si possible, lentement, très lentement. Sur le chemin de ronde du château, à l’abri des regards indiscrets, Faerie attendait en silence, protégée de la morsure du froid par un manteau épais. Faerie haïssait le froid autant qu’elle haïssait Alia et sa reine de mère. Elle se damnerait pour un peu de chaleur, mais elle l’avait déjà fait pour sa vengeance. Elle regardait le ciel d’un bleu pale, les faibles rayons de soleil dénués de chaleur, et ses yeux n’exprimaient rien dans ces moments d’attente, elle semblait comme déconnectée, ou l’action laissait le pas non pas à la méditation, mais à l’absence totale de pensée, le vide, l’ailleurs, ce sentiment de néant si paisible. Durant un court laps de temps, c’était comme si justement, le temps se retrouvait figé, tout était immobilisé. Et durant cette période indéfinie, Faerie était comme bercée par une mélodie douce et mélancolique. Un parfum d’éternité qui transcende le Bien, le Mal, la création, la destruction, l’amour et la haine. Un battement d’ailes, un croassement. En une fraction de seconde, Faerie retrouva sa perception, ressentit le froid qui transperçait de son mieux son manteau et la fine tunique qu’elle portait en dessous. Après cette parenthèse, la haine revenait, si elle était jamais partie, la résolution de tout détruire, et surtout, de détruire la vie de son ennemie. Le corbeau arriva, se percha sur le bras de Faerie qui lui prit le message transporté, puis d’un mouvement chassa le corbeau. Le volatile avait accompli son office et s’en retournait dans les cieux. Faerie, elle, ne volait pas, la petite fée n’avait pas d’ailes. Pourtant les démons en étaient dotés, aussi le moment venu, elle déploierait les siennes. La magie des anneaux ? C’était à voir, même si ce n’était pas une priorité. Une bourrasque cingla le visage de la jeune femme qui tenait fermement le message en l’ouvrant, au cas où. Son visage aux traits doux n’exprimait rien en lisant le rapport, mais elle n’aimait pas ça. Sur le chemin du retour, Alia avait intercepté des gardes qui ramenaient « à la raison » une des proies vouées à être révélées. Le rapport n’entrait pas dans les détails, mais la proie avait raconté à Alia ce qu’on lui réservait, cette dernière avait alors renié de toutes ses forces une telle fabulation qui aurait compromis Romaric. Le déni était une réaction tellement prévisible, mais fallait-il renforcer cette foi, ou faire s’insinuer le poison du doute ? L’important c’est qu’Alia ne suspecte pas Romaric mais qu’elle doute d’elle-même. Ainsi, plus dure serait la chute. Le rapport se poursuivait. Justement, Alia avait fait une halte dans la demeure de Romaric, lui confiant semblait-il la proie qu’elle avait sauvée et qu’elle condamnait visiblement. Ha, l’ignorance. En parlant d’ignorance, Romaric a commencé à lui raconter la version officielle des faits survenus après sa fugue princière. Pauvre Alia, qui n’a pas compris en se retrouvant confrontée à cette « réalité » … *** L’ambiance était électrique au château, tous sachant qu’Alia était sur le point de revenir, de survenir, la tension montait en intensité, parce que tout le monde ici savait ce que la princesse avait commis par insouciance en fuyant les lieux. Du moins, tout le monde se fiait au mensonge diffusé par Faerie et La Main. La reine elle-même bouillait de rage intérieurement, et donnait des signes extérieurs d’agacement prononcé, donnant des ordres qui avaient tendance à se contredire. Et ce n’était que le début de ses tourments. De leurs tourments. Satisfaite des ondes négatives emplissant l’air même, le saturant, Faerie alla attendre le retour de la princesse, de son ennemie. Elle se posta sous un oriflamme et attendit. Elle n’eut pas à patienter longtemps, ni d’entrer dans sa curieuse transe, car Alia ne tarda pas à survenir, et pénétra dans le château sans gloire, sans accueil digne d’une future reine, comme si tout son environnement affectait brusquement l’indifférence. Quand elle fut amenée devant la reine, Faerie était présente dans la salle du trône. Sa majesté était roide sur son siège divin, et si alia parut se rendre compte que quelque chose n’allait pas, si elle se demandait si sa mère pouvait croire que sa fille avait fait autant de mal, la princesse gardait néanmoins un port de tête orgueilleux. Quand Faerie voyait un tel affront chez son ennemie, elle avait envie de faire aiguiser ne hache lourde et de la faire raccourcir … ce ne serait pas la première fois que la princesse perdrait la tête … Evidemment, moins que jamais, Alia ne remarqua qu’à peine ma présence, ce qui était tout aussi bien. Il faut souhaité à la princesse un accueil poli, puis la reine et sa fille furent laissées seules. Sauf que les murs ont des yeux et des oreilles … j’ai apprécié la gifle que la reine a infligé à sa chère fille, puis leur scène sentimentale pathétique … sans oublier la venue de la petite sœur qui n’avait bien sur rien subi et oublié le souvenir de son faux témoignage. L’amour que la reine portait encore pour sa fille dérangeait Faerie de façon insidieuse. Depuis sa cachette, elle observait la tendresse de la reine, et des larmes brûlèrent ses yeux, mais la cartographe les retint, et les fit refluer. C’était bien entendu personnel, puisque cet amour serait un poignard de plus dans le cœur de la princesse, le moment venu, mais cela lui rappelait trop ce qu’elles lui avaient arraché, ce jour de pluie … Ce sentiment accru de haine n’empêcha pas Faerie de continuer à espionner consciencieusement les deux femmes, et là, Alia apprit qu’elle était défiée en duel, et pas par n’importe qui, par Deirdre, la sœur de Romaric, une sœur dont elle ignorait l’instant d’avant la simple existence. Alia en fut troublée, elle se sentait perdue, confuse, et Faerie se délectait de son désarroi, et ce n’était qu’un début. Un tout petit prélude de sa souffrance et de la fin du monde. Bientôt, ce serait le commencement de la fin. En attendant, la princesse prit congés de sa reine de mère, et erra un moment dans les couloirs, puis sur les remparts. Faerie la suivait discrètement, une ombre parmi les ombres, absorbant la détresse de la jeune femme. Ho, si seulement elle avait été moins gourmande … Quand elle entendit le craquement sourd, elle se remémora en une fraction de seconde la façon très étrange dont les maîtres d’œuvre vérifiaient qu’un bâtiment en bois n’était pas rongée par les termites : ils tiraient dessus. Si le bois cédait, il était infecté, s’il ne cédait pas, il était sain. Le problème, c’est que parfois le bois avait été tellement torturé par cette pression qu’il cédait quelques jours ou quelques semaines plus tard. Sans termite, à causes des hommes … Cette pensée était particulièrement bien adaptée à la situation car la partie en bois de la tour la plus proche était en train de céder et s’effondra après un deuxième et ultime craquement. Si la construction c’était effondrée sur Faerie, c’eut été un signe ironique de la vie, toujours si cruelle, mais là, ce fut pire : ça s’effondrait sur Alia, bien trop perdue dans ses pensées pour sentir le péril. Quelques dixième de seconde ? Une seconde ? Deux secondes ? Combien de temps cela dura-t-il avant qu’une tonne de bois se déverse sur le chemin de ronde ? Faerie ne le savait pas, elle se souvenait juste de cette impression de lenteur surnaturelle alors qu’elle se précipitait sur Alia, et … Alia était en état de choc, mais saine et sauve à moins d’un mètre de la catastrophe. Elle était allongée et dans les bras de Faerie, laquelle l’avait empoignée avant de les jeter toutes deux hors du péril. Ca c’était passé à un cheveu près, mais alors qu’elle regardait Alia qui restait sans voix, et n’avait pas l’air de la voir, de se rendre compte à quoi elle avait echappé, Faerie savait qu’elle n’avait pas agi par réflexe. Elle avait gardé sa lucidité d’un bout à l’autre. Des soldats accoururent, comprenant aussitôt la situation, puis des servantes qui amenèrent aussitôt la princesse toujours désorientée vers sa chambre logiquement, alors que quelqu’un remercia la cartographe et lui dit que la reine serait tenue au courant de son geste. Faerie acquiesce et se retira. - vous avez été blessée, dame Doloris ? Vous désirez voir un guérisseur ? Faerie se tourna vers lui, c’était un des conseillers royaux, et lui voua un sourire poli. - je vais bien, je vous remercie, j’aimerais juste me retirer un moment. - je vous en prie. Et merci encore à vous, dame Doloris. Faerie faillit répondre que c’était son devoir, mais ce n’était que trop vrai et elle se contenta de saluer le conseiller royal et se s’éloigner. Elle ne le montrait pas, mais elle commençait à être en état de choc. Elle avait sauvé la vie d’Alia. Bien sur, La Main saurait, et approuverait, car Faerie se devait d’empêcher son ennemie de succomber alors qu’elle était sous sa responsabilité, mais que faire contre la fatalité ? Si Faerie n’avait pas été là, aurait-elle été punie pour ne pas avoir pu empêcher la mort de la princesse ? Elle n’était pas censée la suivre en permanence … Mais voila, elle l’avait sauvée, et si c’était son devoir, ce n’en était pas moins douloureux. Extrêmement douloureux. Et il n’y avait qu’une façon de soulager cette douleur, c’était de la remplacer par une douleur plus tangible. Faerie quitta donc le château et gagna une cascade dans une foret proche. Elle se dévêtit entièrement et s’immergea dans l’eau, une eau glacée. Aussitôt ce fut comme si des multitudes de fines aiguilles d’acier s’enfonçaient dans ses chairs, jusqu’à sa taille mais la jeune femme n’en continua pas moins de marcher dans l’eau et se plaça sous la cascade, se retrouvant alors entièrement trempée … C’était toujours mieux que de se mutiler, mais elle ne pourrait rester longtemps, car ce ne serait pas une bonne idée de prendre froid avec les événements à venir. Heureusement pour elle, quelqu’un l’avait vu entrer dans la foret, et l’avait suivie … Après quelques minutes passées à subir ce froid qui ne suffisait pas à lui faire oublier le terrible événement récent, Faerie entendit l’homme approcher, mais surtout elle sentit les effluves d’alcool qui émanaient de lui. elle s’adossa à la roche derrière elle et le vit s’approcher d’elle, le pas hésitant mais le regard affichant clairement l’intention du male en rut. - pas … avoir … peur … que du … bien … C’était une brute, un gars massif qui avait juste assez de lucidité pour donner cours à ses bas instincts. Laid, repoussant même, et habillé comme un soudard. Faerie lui voua son sourire sensuel. - mais pourquoi aurais-je peur ? Ce disant, elle ne cachait rien de sa nudité à l’homme, et quelque part, ce dernier devait en être contrarié, mais bon … sans sentir l’eau froid, il s’approcha assez près de Faerie pour tenter de coller sa grosse bouche flasque contre celle de la jeune femme, en vain, quand il ressentit une douleur fulgurante au bas ventre. Elle avait une dague effilée dissimulée dans le creux de ses reins … la brute poussa un hurlement aigu quand il fut privé d’une certaine partie de sa personne, puis un deuxième cri quand la dague lui déchira le ventre cette fois. Il ne pouvait rien faire, sentant de surcroît une paralysie le gagner rapidement. Il recula le plus loin possible de cette démone et parvint jusqu’au rivage où il s’étala sur le dos en gémissant de douleur, totalement dessoulé. - auriez vous peur d’une faible femme ? Il voulait fuir mais ne pouvait plus du tout bouger, paralysé de la tête aux pieds par le poison qui pouvait suinter de la lame dont Faerie s’était servie. Toujours nue et ne s’en souciant pas, la jeune femme approcha son visage très près de celui terrorisé de sa proie, et lui sourit cruellement. - je sens qu’un petit dépeçage va me faire plus de bien qu’un bain glacé. Qu’en pensez vous ? Les yeux exorbités par l’effroi, la proie parvint à ouvrir la bouche en un cri silencieux, puis le sang commença à gicler, encore et encore. Quand Faerie cessa de s’acharner sur le cadavre, elle en était recouverte presque entièrement, mais effectivement, elle se sentait bien mieux. Elle se lava rapidement et se sentit prête à retourner au château pour recevoir la gratitude de la reine, et même celle d’Alia.
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Kiss me good bye |
| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 13-02-2007 à 20:02:55
| Chapitre 6 : Fascination La violence gratuite à la cascade lui avait redonné le sourire, même si c’était contre un gredin. Heureusement, la reine était trop occupée à préparer les défis que sa fille devrait relever, mais Alia prit le temps de la convoquer. Quand Faerie se présenta dans la salle d’audience, elle comprit que la princesse devait se poser des questions sur sa présence sur le chemin de ronde la veille, mais les prémices de soupçons pourraient être effacés, en temps et en heure. Alia s'approcha de Faerie dans sa démarche la plus noble, comme si elle avait un bâton planté au plus mauvais endroit quoi. Elle lui prit la main, un regard de reconnaissance avant de lui dire d'un ton doux : - dame Francesca Doloris, je vous dois la vie, et sachez que j'ai envers vous une dette que je ne pourrais sûrement pas acquitter si ce n'est en sauvant la votre à mon tour. Je sais que vous vous attendiez sûrement à voir ma mère, mais pour l'instant elle est occupée avec le conseil. Voila qu’elle lui devait une dette de vie … elle lui devait bien plus, elle lui devait sa vie, prise de des propres mains de Faerie … par le silence qui suit, elle intima à Faerie qu’elle pouvait parler, toutes deux connaisaient l’étiquette. - princesse Aliandra, je n’attends pas d’être reçue par la reine, ni récompense, ce n’est pas un dû. Sachez juste que si je n’avais pu empêcher ce malheur, je m’en serais voulue toute ma vie. Et ce n’était que la pure vérité … - C’est tout à votre honneur. J'ai su que vous étiez d'une grande aide à ma mère, et je ne peux que vous en être reconnaissante. En espérant que vous me servirez quand mon heure viendra aussi bien que maintenant en servant ma mère. Faerie la trouvait amusante dans son ignorance. Deirdre arrive à ce moment là et lui signifia que le conseil allait débuter. Elle ne se présenta même pas, et évidemment Alia ne fit pas la corrélation avec sa rivale. Deirdre et Faerie évitèrent de se regarder, pour ne pas se trahir, mais bien sur, la sœur de Romaric est satisfaite que la princesse ait survécu, elle a sa fierté et n’aurait pas aimé être accusée d’avoir attenté à ses jours, ni une victoire sans gloire. Alia suivit Deirdre jusqu’à la salle du conseil donc, sans se rendre compte que Faerie y assistait aussi. La pauvre petite semblait troublée par les épreuves qui l’attendent. Il allait tellement de soi qu’elle serait reine … et elle cacha son trouble par une hargne tellement prévisible … et en plus elle fut accueillie par les murmures d’une assistance qui avait véhiculé grâce à Faerie toutes les accusations portées contre la princesse. Et ce qui devait arriver, arriva … la princesse piqua une colère noire, acceptant sa fugue mais pas les fautes qui en ont officiellement découlé. Faerie se souvenait que Alia avait fui cette couronne et ce sang qu’elle défend avec tant d’ardeur … évidemment, elle ne convainquit personne, et Deirdre en profita pour se présenter et pour accuser Alia d’incompétence. Une joute verbale s’ensuivit entre les deux femmes, et dire que la princesse accuse sa rivale d’arrogance. Il faudrait qu’elle s’entende … En tout cas, tout était en place pour avoir un duel enflammé … il ne restait qu’une étape, et elle était périlleuse, si Faerie était découverte, mais comme toujours, elle obéissait à La Main. La jeune femme parvint à s’infiltrer dans la chambre de la princesse, et à mélanger une potion dans son thé. Alia verrait son acuité mentale augmentée, un bonus qui lui donnerait la victoire dans l’épreuve magique ... et à un moment, cela altérerait son aura pour des yeux avertis … Elle sortit de la chambre de Alia est crut avoir réussi d’un bout à l’autre son infiltration, quand elle tomba nez à nez avec un garde, qui accepta de gommer de sa mémoire « l’erreur d’étage » de la jeune femme en échange d’un baiser, et Faerie laissa le garde lui enfoncer une langue baveuse dans la bouche. Pour continuer à être « amnésique », il demanda à la revoir le soir, ce qu’elle accepta également. Quand on en veut trop … Faerie allait partir après ce contact désagréable, quand elle entrevit la petite Susie qui composait un bouquet de fleurs non loin. La petite sœur d’Alia connaissait Faerie et l’aimait bien. La jeune femme l’appréciait aussi, la trouvant innocente, une exception dans ce monde cruel, et d’ailleurs elle avait fait en sorte que l’enfant ne soit pas agressée par les gredins qui s’étaient introduits dans le château, lors de la fugue d’Alia. En voyant Susie, Faerie eut une intuition, et comme le garde était « de son coté » pour encore une minute ou deux, elle décida de donner un petit coup de pouce au destin, et alla rapidement saluer l’enfant, qui lui sourit et lui fit une bise sur chaque joue. La brave petite … - c’est un beau bouquet que tu composes là, c’est pour ta grande sœur ? - ouiiii ! Elle sourit : tu sais ce qu’il lui ferait plaisir à ta grande sœur ? C’est que tu lui chantes l’Ôde au Tout Puissant. Tu la connais ? Elle se tortilla sur place : depuis peu … - mais tu la connais ? - oui.^^ - tu vas lui chanter alors hein ? Et l’idée ne viendra que de toi, ça lui fera encore plus plaisir, à ta grande sœur. - oui ! C’est notre secret ! Dit-elle en tendant son petit doigt d’enfant vers Faerie qui le « crocheta » avec son propre petit doigt, en signe de pacte. - tu es une brave petite. Ce disant, elle embrassa Susie sur le front, l’enfant lui fit une jolie courbette et partit faire plaisir à sa sœur, sans se douter que sa petite vois d’enfant portait peut-être le destin du royaume. - ça, ça coûtera plus qu’un baiser … Faerie se redressa, ajusta sa robe et sourit au garde. - et pourquoi ça me coûterait ? Elle s’approcha de lui et lui murmura : - je vous promets que ce sera inoubliable … Et c’était la vérité … l’homme content, Faerie partit avant que d’autres reviennent compléter un tour de garde parfois défaillant … Elle avait réussi sa tâche mieux que prévu, et les épreuves débutèrent un peu plus tard hors de la ville, dans une vaste plaine. Il y avait foule pour assister au triomphe de Alia, car la propagande royal avait joué à fond et la princesse fut ovationnée. Plus dure serait la chute … Protégée d’une armure d’écailles souples qui ne la gênerait pas dans ses déplacements, Alia n’hésita pas à invoquer l’exécutrice, l’épée des reines. Même Faerie qui ne trouvait aucun attrait aux armes eut le souffle coupé par la puissance qui émanait de l’arme, autant que par sa beauté. Oui, l’épée était puissante, mais Alia n’avait pas encore la force d’âme pour l’exploiter comme il le faudrait … Deirdre était pour sa part protégée par une armure bien plus solide et qui donnait la fausse impression d’être encombrante, mais faite en réalité d’un acier le plus léger sans perdre de sa résistance, et dont les pièces s’ajustaient entre elles à la perfection. La sœur de Romaric brandit une épée à deux mains évidemment moins belle que l’exécutrice, mais dont elle maîtrisait tous les aspects. En toute logique, Deirdre allait emporter la première manche. Le combat commença, et Deirdre se rua sur Alia, l’attaquant sans répit. Faerie l’avait vue s’entrainer, mais ça n’avait rien à voir, Deirdre se battait comme une lionne, mais Alia ne se laissait pas faire et contrait toutes les attaques avant de contre-attaquer. Elles se tournèrent l’une autour de l’autre en alternant tellement de techniques défensives et offensives que Faerie en fut stupéfaite. Les minutes s’écoulèrent, Alia et Deirdre se battaient telles des furies, ne se laissant aucun répit, la grâce d’Alia contre la force de Deirdre ? Ce n’était pas si simple … Faerie avait toujours été blasée par les combats de chevaliers, en général celui qui avait l’arme la plus massive, l’armure ou le bouclier le plus solide l’emportaient, et les belligérants avaient la technique guère moins primitive que celle d’un bûcheron. En voyant les deux guerrières sauter, virevolter, attaquer, feindre, se déchaîner dans un déferlement de cris de guerre et de fureur, la jeune femme en éprouva une étrange fascination … pour Alia … Finalement, elles accumulèrent toutes deux de nombreuses blessures légères, et c’est Alia qui faiblit la première, comme je le pensais. On développait moins d’endurance avec la bagatelle dans une grange qu’en s’entraînant dans le froid hivernal. Deirdre gagna donc la première manche, et n’eut pas la victoire modeste, alors qu’Alia portait alors tout le poids du monde sur ses épaules. Cela allait-il l’affaiblir pour la suite, lui porter un coup au moral ? Faerie ne le pensait pas, et la suite lui donna raison. Faerie parla secrètement à Deirdre pendant que cette dernière était soignée. - vous avez vu ? Le trône sera à moi. Faerie grimaça : elle va tricher pour la prochaine épreuve. Cela stupéfia Deirdre : elle est folle, nous avons les meilleurs experts en magie, ils analyseront le duel magique et découvriront tôt ou tard la vérité. - alors nous les protégerons de notre mieux, parce que la reine est prête à tout pour que ce soit sa fille qui lui succède, et n’oubliez pas que même si la vérité éclate plus tard, elle sera alors reine. - dans ce cas, elle serait renversée, mais je ne perdrai pas ! Je ne perdrai pas ! Elle se leva et partit pour l’épreuve magique, plus déterminée que jamais. Le peuple était moins vif que pour la première épreuve, perplexe d’avoir assisté à la défaite de leur championne. Leur foi se raviva lorsqu’Alia gagna la deuxième épreuve, écrasant sa rivale dans un déchaînement de forces mystiques, ce fut court mais sympathique, même si avec sa magie, La Main pouvait faire largement mieux qu’elles deux réunies. Faerie faillit en bailler, il faut dire qu’elle gardait en mémoire chaque détail du duel à l’épée … Alia jubila de sa victoire et Deirdre en fut dépitée. Contrairement à la princesse, la sœur de Romaric eut le moral atteint, sachant qu’en musique, elle était d’emblée moins douée que sa rivale. On ne pouvait pas s’entraîner à l’épée sans relâche et en faire de même pour la musique … les deux rivales devaient donc jouer de ma musique sur trois chansons. Elles ne commirent aucune faute pour les deux premières, ni pour la dernière, Deirdre se surpassait, sauf que la dernière composition fut l’Ôde au Tout Puissant, et Alia la joua avec une maîtrise absolue, l’ayant entendu peu de temps auparavant de la bouche de sa sœur, alors que Deirdre peina un peu. Faerie venait de propulser sa pire ennemie sur le trône. Deirdre fit sa tête des mauvais jours alors que le peuple explosait de joie pour Alia qui était heureuse, sa mère aussi, évidemment. Ha, la gloire des Ascanor … Faerie ressentit alors une fascination quelle étouffa en se plantant les ongles dans la main, jusqu’au sang. Alia n’allait pas tarder à regagner le château, elle recevait les félicitations de ses proches mais ne semblait pas les entendre. Elle semblait si heureuse, un royaume à ses pieds, une mère admirative, des erreurs de jeunesse oubliées, un amour qui l’attendait. Elle se savait se battre, elle savait user de la magie sans anneau, elle jouait divinement bien de la musique. Elle avait tout et Faerie n’avait rien. Leur seul point commun, elles n’avaient aucun avenir, sauf que pour Alia, le glas sonnerait bien plus tôt … Après avoir présenté ses félicitations à Alia qui ne les entendit pas plus qu’elle n’entendit les autres, Faerie chercha Deirdre, mais cette dernière était aussitôt partie préparer sa vengeance. C’est alors qu’elle tomba nez à nez avec la reine. Non, plus précisément, elle se retrouva dans ses bras. La reine était allée à sa rencontre et l’avait prise dans ses bras. - dame Francesca Doloris, je vous serai à jamais reconnaissante pour avoir sauvé la vie de ma fille, sans vous, rien de tout cela ne serait arrivé. Collée contre le torse de la reine, Faerie ouvrit la bouche pour dire quelque chose de diplomatique, comme pour Alia, sauf qu’aucun son n’en sortit, et aucun air n’entra dans sa gorge. Elle n’était pas serrée à ce point la, mais les yeux exorbités, elle se rendit compte qu’elle ne pouvait plus respirer, du moins, juste avant de revivre ce terrible drame … Ce jour là … - comment pouvez faire une chose pareille ! Vous êtes une meurtrière ! - Maman, maman ! Sous la pluie battante … - cessez de suite cette comédie, je ne suis pas dupe, et du respect, je suis votre reine ! - du respect ? Mon mari va mourir par votre faute ! Meurtrière, meurtrière ! La pluie la glaçait jusqu’aux os … - ma reconnaissance t'est acquise à jamais … Francesca, j’aimerais t’appeler ainsi, tu as presque l’âge d’Alia, et je t’ai déjà dit que j’aurais aimé avoir une fille comme toi. - o … oui … La reine cessa de serrer Faerie dans les bras pour l’observer. - tu es pâle, c’est l’émotion ? - o … oui … Faerie recommença à respirer, mais la reine ne la regardait plus, s’assurant que des témoins n’avaient pas assisté à cette scène d’effusion aussi courte que fort peu royale. Ha, la noblesse … - rentrons, je vais donner un banquet pour célébrer la victoire d’Alia. Faerie obtempéra et la suivit, arrivant à nouveau à encaisser ce qui n’était rien d’autre qu’un énième choc.
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Kiss me good bye |
| | Faerie | | Apprenti de l'Aube |  |  |
| Posté le 04-03-2007 à 00:09:26
| Chapitre 7 : la Fusion Tout s’enchaînait à la perfection, les rouages de la vaste machination s’enclenchaient les uns dans les autres. Avant le couronnement, Faerie rencontra à nouveau sa future reine, elle avait du sauver la vie d'Alia et cette dernière ne l'avait pas oublié. - Lady Fransesca, je suis heureuse de vous voir de nouveau. Comment vous portez-vous ? - Bien votre Altesse. Je suis moi de même heureuse de vous voir. Et c'était la vérité, vu que Faerie ne pourrait pas assouvir sa vengeance si elle ne tuait pas son ennemie de ses propres mains ... - Je m'excuse encore de la peur que j'ai pu vous causée, sans vous que serais-je devenue, que serais devenu mon peuple ? Merci, infiniment, je crois que je ne me lasserais pas de vous le dire. J'espère que nous deviendrons amies et que nous pourrons laisser mes titres de noblesse au placard. Appelez-moi Aliandra voulez-vous. - Si vous le désirez ... Aliandra. Cette demande surprit Faerie, elle pensait sa future reine bien plus distante, mais ça ne changerait rien, et puis en pensée, Faerie avait d'elle-même réduit son prénom à Alia, et ce n'était pas par amitié ... - Bien !! Je vous laisse Cassie m'attend. En espérant vous revoir bientôt. Au fait j'ai vu vos cartes de Schiwer il y a peu...Elle m'ont beaucoup servi. Je crois qu'elles sont des plus p |
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